L'ELEVEUR « BONA FIDE » : espèce en danger d’extermination.
Johan Sioen , mai 2000.
Le temps est à
l'orage. Un orage violent. Les éleveurs sont nerveux. L'atmosfère cynologique
est moite et les rend irrités. Ils sont encore plus intolérants que d'habitude.
Et ils ont raison. Ils préssentent que le combat sera dur et inégal et qu'il y
aura des victimes. Et déjà maintenant on a
connu trop de victimes: entre eux, entre leurs chiens. Combien de temps
encore resteront- ils resignés - alors qu'on est en train de creuser leur tombe
?
Apparament c'est
la campagne lourdement médiatisée, autour de la problèmatique des chiens
soi-disant "pit-bulls" qui a provoqué l'avalanche. Depuis lors, plus
aucun chien de race ne vit tranquille.Ce n'est qu'un des paradoxes de cet
histoire : l'abus d'un chien "mélangé" (non-race) met en danger le
monde des chiens de race. D'un seul coup, dans le monde des chiens de races,
tout le monde est obligé de jouer la
défensive. Comment prouvez que votre race ne présente aucun danger - pourvu
qu'elle reçoive un minimum d'éducation ? L'agressivité canine et d'autres
phénomènes comportementaux sont soudainement
mis sur le table par des
"experts" de toutes les couleurs et sortant de tous les coins. Certaines
club de races paniquent et mettent en route toute une série de tests de
comportement ; ils essaient de former, de toute urgence, des "juges de
comportement". Cette stratégie est fondamentalement erronée, car
défensive. Très bientot plusieurs disciplines du sport canin seront attaqué par
des politiciens. La Suissse, par exemple, a déjà essayé d'interdire les
"coups de bâton" dans le programme RCI : ce n'est qu'un prélude pour
le vrai combat, à savoir l'interdiction de tout travail de mordant - sauf chez
des "experts". Malheureusement, l'opinion publique - ce monstre d'ignorance
- est encore renforcée dans ses idées fausses par l'attitude de pas mal de
conducteurs sur les terrains de dressage qui pratiquent encore des méthodes
d'une époque révolue, agressives et brutes.Pourquoi les responsables
cynologiques tolèrent- ils encore ces gens-là dans leurs clubs et sur leurs
terrains ? Il n'existe aucun argument valable pour les tolérer : ni moralement
, ni stratégiquement. Ou de toute façon , je n'en ai pas encore entendu un
seul.
Les "tests
de comportement" qu'on nous réserve ne seront qu'un obstacle de plus pour
le monde du chien de race. Un obstacle, parce que chaque éléveur "bona
fide" sait fort bien quel
tempérament est apte à l'élevage et lequel ne l'est surtout pas. Pour cela il
n'a pas besoin d'un test artificiel. D'autre part, l'introduction de n'importe
quel test de comportement n'arrêtera pas l'éleveur véreux (mala fide) :
"amateur" ou marchand. Bien
au contraire.
En ce qui
concerne cette dernière catégorie, ils sont une deuxième source
d'irritation. La nouvelle législation
sur les élevages, en vigeur depuis maintenant deux ans, et qui a pour but (
entre autre) d'ntroduire un minimum de règles d'hygiène, d'espace etc. (
intention positive d'ailleurs) a un effet tout à fait contraproductif. Nos amis
écologistes semblent particulièrement maladroits en formulant ce genre de texte
législatif : bonnes intentions avec des effets radicalement contraire sut le
terrain. Beaucoup d'éleveurs de chien de race avec un cheptel de 5 à 15
individus ont dû choisir entre un système impliquant la détention d'un régistre
de TVA et d'un permis d'exploitation
catégorie 2 ( entreprise nuisible à l'environnement) ou tout simplement arrêter
l'élevage; La plupart d'eux ont choisi un compromis à la belge : se limiter,
comme particulier, à deux nichées par an et par nom de chenil - ce qui,
aujourd'hui, est encore toléré par l'administration. Il en resulte une
situation où toute la famille devient éleveur et obtient un autre nom de
chenil. Pratique lucratif pour la Socité Royale Saint Hubert (S.R.S.H.). Mais
ils oublient qu'ils tirent dans le dos des autres éleveurs qui ont choisi de se
mettre en ordre et qui par conséquent ont dû investir lourdement dans cette
entreprise. Ce n'est pas très "fair-play" mais surtout c'est une
situation qui ne pourra pas se prolonger indéfiniment : si les communes ou les
services provinciaux ne réagisse pas dans un premier temps, les contrôleurs TVA le feront certainement. Une
situation tendue qui provoque un conflit totalement inutile, mais inévitable,
dans le cercle relativement petit des éleveurs expérimentés.
Ce conflit fait
le jeu des marchands, qui, eux étaient déjà pour la plupart en ordre avec les
prescriptions formalistes de cette législation, qui ne visait que l'encadrement
officiel de l'élevage et non le conenu de celui-ci : les chiens et la
compétence de l'éleveur. Depuis que cette législation est passée, des chaînes
de magasins qui vendent des chiots se sont multipliées dans le pays. On peut y
trouver des chiots de n'importe quel "race" à des prix suspects. Des
chiots qui sont soit importés de pays
comme la Pologne, la Tsjechie, la Hongrie , …soit achetés chez des particuliers
("amateurs") qui ne savent plus quoi faire avec leur chiots de
six-sept semaines .. soit chez des fermiers qui ont compris que la
"production" de chiots est plus rentable que celle de vaches ou de
cochons. La distribution au sein de cette chaîne de magasins est d'ailleurs
moderne .A Malines par exemple ont cherche une femelle Sharpei. On n'en a plus
en stock, mais l'ordinateur renseigne qu'il y en a encore une de neuf semaines
dans le magazin Z à Kuurne, qui peut
donc être livrée à domicile le lendemain. Et en même temps, il faut vérifier si le bon de commande pour
la ferme en Tshéquie fait mention des six chiots King Charles Spaniel, dont le
magazin X à Vilvoorde a besoin pour la braderie locale de la semaine
suivante…C'est un exemple.Et c'est
entièrement légal, avec des marges bénéficiaires exorbitantes. Et
évidemment , si le futur propiétaire demande un pédigrée , il suffit de le
signaler à l'imprimerie interne de la chiane de magasins. Aucun contrôleur - ni
des impôts , ni du Ministère de l'Agriculture - ne touchera à ces entreprises. Et
nos amis écologistes , où sont ils maintenant ? Aucune trace d'eux. Car cette
situation - la vente explosive de chiots non contrôlables via des chaines de
magasins d'animaux - est la conséquence directe de leurs exigences. Et aucune
organisation cynologiques n'est capable de réagir contre ces pratiques :
l'adversaire est professionel, bien organisé, travaille dans les limites de la
légalité et dispose d'une reserve financière considérable.
Soyons clairs à
ce sujet : ils "livrent"
environ 80% ( au moins) de toute la population canine. Il s'agit de chiens qui ressemblent à des chien de races ( avec
ou sans papiers , des societies canines inexistentes ou dissidentes) ou de
bâtards tout court; et, en plus, aucun contrôle cynologique n'est possible. Ce
fait en soi , rend n'importe quel éleveur de chiens de race virtuellement
impuissant.
Au-dessus cette
reglementation contraproductive, vient la dictature de la bureaucratie
européenne dont l'interprétation des differentes lois est apliquée à l'echelle
nationale, régionale ou même communale, selon l'opportunité politique. Il est ,
par exemple, parfaitement possible que l'état français publie,à un certain
moment, une liste avec des (pseudo-)
rasses, classées en fonction de leur 'caractère dangereux'. Il est également
possible à Monsieur le Bourgmestre de la communde de Erpskwerts ( par exemple)
d'ordonner dans son règlement de police que les Golden retrievers et les Beaucerons sont des races dangereuses, et
qu'il est interdit d'en élever sur le territoire de sa commune. Peut-être
pourrait-il être permis d'en détenir un mais alors, il faudrait le faire
enregistrer, lui mettre une puce électronique, le stériliser, le tenir en
laisse en toutes circonstances et si, par un malheureux necessité, il fallait
le sortir pour lui faire ses besoins , il devrait porter une muselière -
evidemment! Quant au parlement national il pourrait ratifier l'interdiction de
couper les oreilles et les queues de certaines races ( pas toutes, évidemment -
il y a encore les chien de chasse) sous peine d'emprisonnement, d'amende ou de
confiscation de l'animal concerné. à propos de cette mésure d'interdiction de
couper, toutes les parties intéressées, partagent la même opinion: c'est une
mesure absurde. Les éleveurs n'ont jamais coupé pour leur plaisir. La raison
principale était précisement la protection de l'animal lui-même, une fois qu'il
était adulte et faisait le travail pour lequel il était selectionné. Déjà
maintenant un loi européen fait mention de l'interdiction d'élever avec des
animaux dont on pourrait présumer que la qualité de vie de leur descendance
serait altérée par la transmission de certains de leurs caractéristiques. Dans
un premier temps, nous disons "Très bien!". Mais nous nous trompons. Si
demain une de ces obscures sous-commissions européennes - sur lesquelles il n'y a aucune contrôle objective possible
- décide que la race Boxer doit être cataloguée de "Qualzucht" (
expression qu'on adore dans ces cercles
) parce que , par exmple, le rapport
crâne-museau prédestine à des problèmes de respiration - alors après-demain le
boxer n'existera plus en tant que race. Bon, j'exagère peut-être un tout petit
peu , mais il ne faut surtout pas nous
faire des illusions. Déjà maintenant, il circule à ce niveau-là des textes
interdisant formellement le pratique de la consanguinité dans les races
canines. Dans leur quête infatigable de réglementer le moindre aspect de toute
chose vivante ou non-vivante ( l'explication freudienne classique de ce
syndrome n'est pas très édifiante) ils pervertiront nos races, comme ils
pervertiissent par profession. L'Europe
Politique d'aujourd'hui est un cimetière pour le chien de race et son éleveur.
La liberté dont
nous jouissons en Belgique, en tant qu'éleveurs de Boxers, est considérable. A
part de le réglementation de la S.R.S.H., qui est minimale, nous sommes soumis
à aucune règle - sauf la règle de base: celle de notre intégrité. Si nous le
voulons, nous pouvons participer à des expositions, des concours de travail,
des test de selection, des épreuves ou des tests de santé - mais nous n'y
sommes pas obligés. Nous décidons nous-mêmes avec quelle fémelle nous allons
faire de l'élevage et avec quel mâle elle sera accouplée, et sous quelles
conditions. Malgré toutes les erreurs et tous les abus possibles et réels
, cette liberté de choix individuelle est,
et reste , essentielle. Nous ne réalisons pas encore que nous vivons de plus en plus sur une île
et qu'il sera necessaire de nous battre pour sauvegarder notre liberté. Pour
une part , il s'agit de pouvoir, pour une autre part, d'arguments rationelles. Ignorer
le premier serait naïf. Prétendre que nous n'avons pas besoin des derniers
serait criminel.
L'opinion
publique et le monde politique, c'est une chose. Le pouvoir et la rationalité
emanant des facultés de science et surtout de science appliquées, en est une
autre. Beaucoup plus importants d'ailleurs. Le pouvoir de la profession
vétérinaire notamment - en travers sa présence préeminente et surestimée dans
les divers comités des organes cynologiques- commence à s'exercer de façon
suspecte et indécente. En plus , il s'agit dans la plupart des cas de certains
groupes de vétérinaires très specifiques qui occupent une position de monopole
à l'intérieur des frontières nationales. Très anti-européens d'ailleurs. Un examen cardiologique, réalisé en
belgique, par exemple, n'est pas accepté en Allemagne . Même situation pour un
examen de dysplasie des hanches ou de la colonne vertebrale. Torel (1997)
s'exprime à ce sujet en terme de formations de cartels et de conventions de
cartels entre des groupes de vétérinaires, certaines organisations cynologiques
et l'industrie ( par exemple, les fabricants de nourriture pour animaux).
Dès le moment où
le club de race, ou une instance supérieure au club , commence à imposer des
tests obligatoires ( n'importe lesquels)
aux chiens d'élevage, on est
emprisonné dans un tissu de bastions monopolistes sur lequel ni
l'éleveur individuel, ni le club de race n'ont encore le moindre contrôle ( sauf d'une manière formaliste). A
l'intérieur de ces bastions d'experts scientifiques ( entre guillemets), se
trouve un flore de personnages qui font des bénéfices sur le dos du chien de
race et il n'existe plus aucun moyen de les éviter.Il faut vraiment se rendre
compte qu'au niveau "chien" les vétérinaires ont une rôle, parfois
cruciale, à jouer - mais qu'au le niveau de la "race", ils n'ont
aucune compétence en surplus démontrable. Aucune. Sauf s'ils sont eux-mêmes
éleveurs. Reste évidemment la simple question : n'ont ils pas assez de travail
en tant que véterinaires?
Comme toute
bureaucratie, ces commissions ont la tendence presque naturelle à se
multiplier. Mais pour qu'elles fonctionnent, il faut leur donner un minimum de
travail, donc trouver de problèmes. Si
ceux-ci n'existent pas, il faut les créer. Une fois que le problème est
vaguement defini, il deviendra la raison d'être de la sous-commission et l'analyse du problème en deviendra la
justification. Entre-temps chez le chien, environ 400 syndromes ou anomalies
sont décrits dont on suppose qu'ils pourraient
avoir un component génétique. Une supposition qui permet de dire que ce
"domaine d'investigation" a
tout le futur devant lui.
Pretendre que la
dysplasie des hanches n'est pas le problème numero 1 dans une race ( pas même
chez le berger allemand , où toute la discussion a commencé il y a maintenant
45 ans - même une autorité comme Willis
serait d'accord sur ce point), sera encore à peine tolérer, mais quand même. Il
y aurait certainement d'autres "experts" en la matière ( qui,
maintenant après 35 ans de diagnostique et de selection sur base de
radiographies, n'ont pas avancé d'un
seul pas, et qui doivent admettre avec beaucoup de réticence que le degré
d'hérédité se situe à environ 20%- pas plus) pour trouver que "la
conclusion est un peu précoce".
Si, dans un
deuxième temps, je prétends que le dogme de la transmission polygénétique , par
opposition à l'anomalie elle même , en 35 ans , a fait plus de victimes ( de
bons chiens exclus de l'élevage) et a causé plus de mal que de bien (
parcequ'elle a reduit inutilement la base genetique sur base d'un seule critère
- d'ailleurs très incertain ), je
risque d'avoir sur le dos tous ceux qui sont liés avec les commissions
concernées et qui ont donc un intérêt à ce qu'elles puissent continuer leur
travail - ou peut-être le risque est-il pire.
Si, dans un
troisième temps, j'avance la thèse que la méthode de l'Estimation de la Valeur
Génetique (EVG) est , en soi , une methode beaucoup plus precise qui a déjà
prouver sa valeur en d'autres domaines , mais que, de nouveau, elle fortifie le
pouvoir du cartel radiographique et le pouvoir centralisé des commissions
concernés - alors toute une nouvelle génération de membres de commisions sera
prête à me jeter aux lions. D'ailleurs la méthode d'Estimation de la Valeur
Génetique appliquée sur des caractéristiques à transmission polygénétique et
dont l'héritabilité est assez basse, conmporte un raisonnement circulaire ( et
donc un erreur methodologique). Mais ceci constitue une discussion sur le fond
du problème.Dans le cadre de cette article qui a pour but d'alarmer et de faire
rapidement le tour du problème, il n'y a pas de place pour cette discussion
(pourtant intéressante).
La question
importante n'est pas le débat sur le fait que ces 400 anomalies n'existent pas
, ni qu'on ne doive pas essayer de les comprendre et de les vaincre, ni même
qu'il puisse y avoir une base génétique - bien que pas mal de généticiens en
parlent en termes extrèmement prudents , réservés et conditionels. Mais le
point crucial est bien que des petits groupes de gens ( scientifiques ou non,
liés ou non à une industrie ou une
faculté) , qui n'ont pas de connaissances specifiques de la race se donnent
eux-mêmes le droit d'influencer ( voir de dicter) le cours de l'élevage dans
l'un ou l'autre sens, sur base d'un ou
quelques critères qu'ils s'arrogent le droit exclusif de determiner, et
donc, se donnent eux mêmes une auréole d'autorité au
détriment de la race même ( et de ses éleveurs). Cette sélection
unidimensionelle , pratique extrêmement questionable, entraîne une réduction du
nombre de sujets (quelle que soit leur qualité totale ) qui peuvent être
utilisés dans l'élevage ,et par conséquent, une limitation dans le choix que
peut faire l'éleveur de bonne foie. Tandis que
le choix des éleveurs-marchands ou celui des amateurs-hobbyistes n'est
pas reduit : ces hautes commissions n'ont tout simplement aucune pouvoir sur
eux. Si cette situation n'était pas si dangereuse pour nos races - elle serait
ridicule.
Les problèmes que
je viens de citer, ne sont encore rien devant la critique frontal qui vient
d'être lancée sur notre statuts d' éleveur de chiens de race ( et sur notre
notion de liberté individuelle) de la part des généticiens qui étudient
l'évolution génétiques des populations. Wachtel ( 1997) peut être considéré
comme leur porte-parole. Il parle au nom du chien de race et précise d'emblée
et d'une manière explicite que son but est de conserver les différentes races. Ceci
rend sa critique encore plus aiguisé. Selon lui et ses collègues, ce sont nos méthodes elles-même d'élévage et
d'évaluation qui vont détruire nos
races en tant que telles: le noyeau est corrompu. Je presenterai ice leur thèse
d'une façon extrêmement simplifiée .Je l'avoue toute suite et d'avance - je
leur fait largement tort. Mais , dans le cadre de cet article je n'ai pas le
choix.
Depuis environ
130 ans les éleveurs de races selectionnent systématiquement leur chiens sur
base de critères d'exterieur ( d'apparance), et uniquement sur ceux-ci. La totalité des caractères d'exterieur est
déterminée ou influencée par environ 0,5% de la totalité de la génome- une
estimation maximaliste. Par conséquent le type, à l'interieur des races, est
devenu de plus en plus homogène tandis que la variabilité génétique, génération
après génération, a dimininuée - même si a un moment ou un autre le nombre des
indvidus qui constituent une population
( ici: race) a fortement augementé.En fixant un grand nombre de gènes d'une
part et en perdant ( volontairement ou par coicidence) un nombre de gènes
alternatives d'autre part, un appauvrissement génétique s'est installé.
Un processus
d'appauvrissement qui est encore acceleré par le fait que dans chaque
génération , seulement une minorité des individus sert à l'élevage (
reproduction): moins de 10%. Ajoutons deux tendences dans n'importe quel
élevage. Un : l'inclination de rechercher la limite du type. Deux:
l'utilisation abondante d' un nombre extrêmement limité de "bon
raceurs", sur lesquels par la suite la consanguinité est appliquée. Et
voilà toutes les conditions remplies pour une voyage rapide au bout de la
dépression génétique.
La disparition de
l'héterozygotie dans les races, la
perte d'allèles alternatifs, la fixation de gènes sublethaux - bref le résultat
de 130 années d'élevage de races, a entraîné comme conséquence que , dans
plusieurs races , certains fonctions vitales sont touchées, que de plus en plus
d'anomalies héréditaires deviennent visibles et que, en géneral , le bien-être
des individus a diminué. Problème central : le degré beaucoup trop élevé
d'homozygotie à l'intérieur des races.
Selon ces
généticiens, à partir de cette situation il existe trois possibilités.
Un : nous continuons encore quelques génerations ( 2, 20,.. ?) comme nous le
faisons maintenant et depuis toujours ( c.à.d. depuis 130 ans) et nous verrons
les races disparaître, l'unes après les l'autres, à cause de la rigidté
genetique. En d'autres termes : elles succomberons sous la grivité et/ou le
nombre d'anomalies génétiques- qui sont le résultat (in)direct de nos methodes
d'élevage.Alors les anathèmes du monde politique ne feront plus tellement
d'impression, mais nous nous trouverons face à face avec le revers de notre
compétence et de notre liberté.
Deux : là , où c'est encore possible, une politique rigoureuse d'outcross doit
être installée. Le nombre de descendants de chaque individu ( mâle et femelle)
doit être limité drastiquement et un nombre elevé d'individus ( par generation)
doit être utiliser dans l'élevage. Cette methode sera très lente et les
généticiens concernés doutent que dans la plupart des races, la variabilité
génetique soit encore suffisament grande, pour obtenir de résultats
substantiels.
Trois : Un croisement rigoureusement
controlé, de la population concernée, avec des individus d'une ou de deux
races voisines enfin de rétablir un niveau assez haut d'hétereozygotie dans la
race originale. Vue sous cet angle, l'expérience de Bruce Cattanach en
Angleterre avec le croisement Boxer-Corgi ( enfin d'obtenir un boxer à queue
courte) prend une toute autre signification et surtout une toute autre
importance. La réussite relative de cet expérience ( introduction d'une race
non-voisine!) n'a pas d'effet euphorisant chez Wachtel, mais les pages où il en
parle sont parmi les plus optimistes de tout son livre.
La génetique
quantitave produit rarement de la littérature excitante. Wachtel n'est pas une
exception, d'autant plus que le ton provoquant rend de temps à temps le text
franchement arrogant. En lisant une partie de la littérature specialisée à
laquelle il réfère, on se sent de plus en plus perdu. Arrivé à ce point de non
retour, toute innonocence est perdue et l'ignorance n'est plus une circomstance
atténuante - plutôt le contraire.
Pendant ces deux
ou trois dernières décennies, nous avons vécu sous le paradigme de la
biotechnologie et de la biologie moléculaire. Cette situation se prolongera sans aucune doute ( quoi que
les premier signes d'une critique de fond sont déjà visibles). Les généticiens
qui étudient l'évolution des
populations sont restés un peu à l'écart. Cela n'empêche pas que leur discipline
est fondée sur quelques hypothèses très solides, que leur méthodologie s'appuie
strictement sur les lois de la probabilité et que leur conclusions sont par
moments d'une simplicité épouvantable. SI ( et je dis bien "Si"), si
Wachtel et ses colègues ont raison , il semble claire que la cynologie dans sa
totalité devra changer radicalement, dans un futur très proche. Elle devra
retourner à ses origines et découvrir à nouveau la créativité, la faculté de
prévoyance, faire table rase de ses tabous et de ses idées préconçues, ouvrir à
nouveau les livres genéalogiques, retrouver un esprit ouvert et un enthousiasme
profond pour le phénomène "chien de race". Toutes ces choses qu'elle
a presque toutes perdues au fil du temps.
A la lumière de
ce qui précède, la raison pour laquelle le monde cynologique est devenu nerveux
, n'est plus un mystère : au fond de lui-même, il a reconnu la situation que
Wachtel vient de décrire. Cette situation, il la rencontre jour après jour.
La vitesse avec
laquelle nous perdons nos 'lignées de sang' - surtout à partir des années
septante - est consternante. Le saule, dans lequel nous avions l'habitude de
dessiner la riche diversité de nos
lignées paternelles est remplacé par un frêle peuplier qui ne connait qu'une
direction pour pousser. La consanguinité, en effet, est devenu notre leitmotiv
- et même si on voulait l'éviter, dans la pratique il ne reste presque plus de
chemins de refuge. Nous sommes aveuglés par ces quelques chiens gagnants ( qui
ont de nouveau des lignes de sang communes - et à des degrés pas si éloignés )
et nous avons déjà oubliè quel prix nous avons payé en termes de 'pertes' et
d'anomalies. Dans notre race , je ne cite que la subaortasténose et les
problèmes dermatologiques. Chaque éleveur
quelque peu expérimenté peut citer de mémoire dix autre 'problèmes'. La
question ne restera pas rhétorique : quel est le prix que nous sommes prêts à
payer pour notre liberté ?
Cette situation tourne au dilemme. D'une côté , il y a la convinction que
seulement la principe du libre choix de l'éleveur bona fide lui offre la
possibilité et la responsabilité d'élever les chiens qu'il estime corrects ( en
d'autres termes, l'application de l'ancienne maxime : accoupler le meilleur
avec le meilleur en espérant obtenir le meilleur). De l'autre côté, il y a
Wachtel qui me montre noir sur blanc que j'ai tort, que les champions et les
'bon raceurs' peuvent faire ( et ont fait) plus de mal que du bien pour la race
( dans sa totalité), que je dois arrêter toute de suite l'application de la consanguinité
et qu'il me faut de tout urgence une sélection qui vise en même temps la
vitalité, la capacité d'apprentissage et d'adaptation, le tempérament et le
type. Il me faut donc, dans l'intérêt de la race, employer dans l'élevage des
chiens que j'estime moins bon. Ceci ne constitue non seulement un dilemme, mais
en plus : un paradoxe. Si la thèse de Wachtel est concrétisé dans une
organisation centralisée de l'élevage, il y a un problème. Certes, mais cette
conclusion n'est que provisoire et elle n'est vraie qu'en apparance. J'y retourne
mais d'abord il nous faut faire quelques remarques.
Première remarque.
Le consensus des
géneticiens n'est pas très stabil. Il y a des voix dissidents et les mêmes
phénomènes sont interprétés différemmment. Malcolm Willis par exemple,
reconnait bien les dangers de la consanguinité et les les conséquences d'une
sélection à base de "champions" mais, en même temps, il est d'avis qu'un politique d'outcross n'aurrait
aucun résultat. Sa critique principale : si dans , une programme d'élevage basé
sur le principe d'outcross, il se produit à un certain moment une erreur grave,
alors l'éleveur n'a plus aucun moyen de savoir quel chemin suivre et quel chemin éviter. Dans un programme basé sur le
principe de la consanguinité, l'éleveur a toujours le moyen ( au moins en
théorie et toujours en supposant qu'il maitrise son métier) de le savoir. A ce
moment cruciale, il lui est encore possible de rectifier l'erreur par une
combinaison outcross. Evidemment Wachtel repliquera, que les problèmes dont
Willis parle, sont en realité le resultat direct de son programme de
consanguinité.
Mais Willis
avancera encore un autre argument : certes, un politique d'outcross produira un
effet d'hétérosis, mais on semble oublier qu'une telle politique ne produit pas
automatiquement - ou necessairement - un plus grand degré d' héterozygotie. Par
exemple : si un certain gène est fixé dans une population et si les allèles
alternatifs sont perdus ( peu importe la cause), alors aucune combination
outcross ne pourra changer cette situation. A condition qu'on reste à
l'intérieur de cette population. Il est
facile de deviner la réponse de Wachtel: c'est bien la preuve qu'un programme
d'élevage sain, doit veiller à ce qu'on n'arrive jamais au point où une caractéristique
est fixée une fois pour toutes ou un allèle est perdue definitivement ( ce qui
veut dire, dans certains cas simples, la même chose), car tôt ou tard on payera
le prix. Il va de soi que la réponse à cet argument est, purement et simplement
, qu'aucune race ( quelle soit selectionnée à base de critère d'utilitè
uniquement ou en combination avec d'autres critères) ne se serait constituée si
il n'y avait pas eu une fixation profonde de caractéristiques essentielles - et
qu'au moins en partie ce processus constitue la notion même de 'race'.( il me
faut constater que cette dernière remarque peut avoir un effet de boomerang).
Deuxième remarque.
Le nombre
d'anomalies (connues) n'augmente non seulement chez les chiens de races, mais
chez tous les animaux domestique et même chez l'homme ( où la consanguinité est
plutôt rare). L'accroissement du savoir médical et le raffinement des methodes
diagnostique (- malheureusement le progrès s'arrete souvent là -) expliquent en
soi partiellement l'expansion des anomalies reconnues comme telles.Il est
possible qu'une partie de ces anomalies existent depuis bien longtemps, mais
qu'ils n'étaient pas diagnostiqués comme 'anomalies'.
D'une autre point
de vue : les circomstances environmentales ont changé radicalement. D'une part,
il y a eu une amélioration considérable: une hygiène géneralisée , introduction
massive de vaccins et d'antibiotiques entraînant une réduction spectaculaire
des maladies infectueuses ( et autrefois souvent mortelles). Ce qui est
d'ailleurs l'une des conditions necessaires ( mais pas automatiquement:
suffisante) de l'apparition de tant d'autres syndromes. Et la discussion sur
les effets à longue terme de l'usage des antibiotiques vient seulement de débuter.
D'autre part , la
qualité de l'environnement s'est détériorée considérablement: un rythme de vie
très rapide et stressé, une polution géneralisée de l'eau, de l'air et du sol,
un mode d'alimentation dramatiquement modifiée,etc.. . Dans son compendium,
Torel nous donne un exposé détaillé sur la composition de la nourriture
commerciale pour chiens et il denonce une relation directe entre cette
composition et l'apparution d'un grand nombre d'anomalies squelletiques. Chez
l'homme cette relation ( nourriture-anomalie) est acceptée depuis longtemps: elle
constitue d'ailleurs un marché alternatif très performant. Pourquoi cette
relation est-elle si difficilement acceptée , quand il s'agit de nos chiens ? Les
maladies cardio-vasculaires et les tumeurs malignes sont parmis les causes de
mortalité les plus fréquentes chez l'homme. L'apparition des tumeurs de peau
surtout est spectaculaire. Est-ce vraiment une coincidence qu'on retrouve un
schéma similaire chez les chiens de races ( et d'autres animaux ) ? Pourquoi
recherche-t-on chez l'espèce A ( les humains) les causes de ces problèmes au
niveau de l'environnement et du mode de vie, tandis que chez l'espèce B ( chien
de race) on met le doigt sur le facteurs génétiques et les methodes d'élevage ?
Il faut surtout s'interroger sur l'obstination fanatiqueet de
certains rechercheurs . Si dans des zones "dangereuses" ( par
exemple un niveau supérieur de radioactivité
ou une reduction substantielle d'ozone dans l'atmosphère) le risque
d'anomalies héréditaire augmente chez l'homme, n'est il pas propable que ce soit
également le cas chez l'animal ? Aucune méthode d'élevage n'intervient dans cette discussion. Dans notre type de
societé, il y a tellement d'elements nouveaux sur lesquels on ne sait
quasiement rien, sauf que de temps à temps une relation causale est établie
avec tel ou tel syndrome. D'ailleurs, nous revenons ici - indirectement et sans
le vouloir - à notre point de départ : les agressions par les chiens. Ces
agressions, dans la plupart des cas, ne sont qu'une conséquence ( simple ou
complexe) du comportement du 'maitre'. Le comportement de ceux-ci doit être
étudiè , au moins partiellement, dans son context social. Ainsi la discussion
se déplace et s'oriente vers les facteurs sociologiques ( en sens large ).
En tant
qu'éleveurs, nous ne sommes pas aveugles
vis-à-vis l'apparition des anomalies
génetiques, et là où c'est possible, nous essayons de rémedier au
problème.Mais, je le répète , c'est surtout l'obstination anormale de certains
rechercheurs qui se cramponne au dogme
génetique ( en désignant , en passant, l'éleveur comme source primaire de
tout le malheur ) qui nous trouble. Cette une vieille discussion -entre la
génetique et la sociologie - qui résulte le plus souvent dans l'introduction
d'un modèle systématique où plusieurs catégories de facteurs interviennent (à inter-action souvent très complexe). Mais,
si l'on regarde l'histoire des idées, on constate que chaque fois que la
discussion était poussé dogmatiquement dans la direction de la biologie , il y
a eu des repercussions graves - voir criminelles -sur le plan social. Ceux qui
veulent réflichir, le savent.
Troisième remarque.
La science (
fondamentale ou appliquée) ne peut pas
et n'a pas le droit d'être
normative. Concrètement, cela veut dire qu'on peut bien parler de différentes
"anomalies" - mais qu'il est impossible de definier le terme
"normalité". Ce qu'est un coeur 'normal', ou ce qui constitue une
articulation coxo-fémorale 'normale' ne peut être defini qu'à titre indicatif
et dependra toujours d'un nombre de paramètres dont aucun est absolu .
Si par exemple, je fais un tour à bicyclette
de 20 km avec mon boxer et que, 15 minutes après le retour à la maison il est
de nouveau prêt à jouer - alors, est-ce que je possède un chien fonctionnant
comme il faut ? Apparement pas toujours. Si la radiographie qu'on a prise de
ses hanches est considérée par nos "experts" ( il ne faut d'ailleurs
pas être vétérinaire pour interprêter une photo!) comme
"dysplasique"-alors mon chien passe pour être handicapé. Même
situation si durant le test echo-doppler, la velocité du sang dans l'aorte est
de 3 mètres par seconde (par exemple). Un drôle de monde car les résultats
inverses sont sensés attester la bonne santé du chien : si la vélocité du sang
n'est supérieure à 2 mètres par seconde et si le papier officiel des experts
montre "HD/A" , alors mon boxer est parfaitement en ordre pour
l'élevage… même s'il est visiblement fatiguè
après 2 km et qu'il ne veut plus
marcher du tout ( Ce n'est pas un chien
imaginaire que j'ai en tête.)
Un simple
exemple, après 35 ans de diagnostique sur base de radiographies : la base de
hanche d'un berger allemand est substantiellement differente de celle d'un
boxer et encore plus de celle d'un teckel. Est-il trop demander : quelle est la
base de la hanche "normale" ? Ou est-ce que, au moins ( et c'est
vraiment le strict minimim), je dois prendre en considération certaines
caractéristiques de la race, comme la structure du croupe ou l'angulation de
l'arrière-main ? Il existe un bibliothèque entier d'articles et de livres sur
cette anomalie relativement simple ,
mais il est impossible d'y trouver une réponse claire et nette à une question
aussi évidente.
La conclusion reste néamoins provisoire. La thèse de base des généticiens semble
solide : la perte de variabilité génétique à l'intérieur d'une population (
lire: race) ruinera inévitablement cette population à terme. Cette thèse est
perturbante et mérite, sans aucune doute, notre attention. Toutefois , il faut y ajouter des nuances. Premièrement:
les généticiens ne sont pas unanimes. Deuxièmement : les anomalies innées ( ce
qui ne veut pas dire " héréditaires" ) ne peuvent pas toutes être
attribuées à des méthodes d'élevage douteuses ( principalement la
consanguinité) et on néglige fortement les aspects environmentaux. Troisièmement
: il est intrinsèquement impossible de définir la notion de 'normalité'.
Il est temps de pendre position. Le dilemme entre libre choix d'élevage
et un système de sélection d'élevage dirigé centralement est un faux dilemme,
parce qu'il est basé sur un nombre de
présuppositions qui sont fausses : aucun système d'élevage centralisé ne pourra
faire "mieux" que ce que l'éleveur bona fide sait réaliser sur base
de ses propres connaissanses et de de son expérience. Il faut que je
m'explique.
1)
chaque forme
de selection - y compris le système d'Estimation de la Valeur Génetique - reste
finalement basé sur l'appreciation
de la phénotype , même si ce phénotype est constitué par 40 ou 140 radiographies
(par exemple). Dans cet article, je fais abstraction des possibilités de la génétique
moléculaire . Celli-ci, dans un premier temps, permettra l'identification ( et
l'élimination ) de porteurs d'allèles non désirés ( ou nuisibles ) ,ce qui est
une bonne chose, très intéressante, mais qui ne touche pas réellement le fond
du problème. Il reste à prouver qu'elle pourra être utile à la restauration de
la variabilité génétique. Pour le moment, il reste encore beaucoup trop de
questions. En outre, la crainte que la génétique moléculaire fasse essentiellement
l'objet d'un énorme enjeu financier ( par le biais des brevets ) n'est pas
entièrement sans fondament - c'est même exactement ce qui est en train de se
passer à l'heure actuelle.
2)
La vraie
valeur d'élevage d'un individu ne peut être connue après que cet individu soit
entré dans l'élevage - pas avant ce moment là. La raison est simple : chez le
chien de race la totalité est essentiel, pas une ou six caractéristiques.
3)
Chaque système de sélection centrale desavantage
en première lieu les mères potentielles. Et ceci est cruciale. Qu'on n'utilise qu'un petit
nombre de mâles dans l'élevage, ce n'est pas catastrophique pour une population.Par
contre, c'est dramatique si de bonnes mères potentielles sont exclues a priori
sur base de quelques critères discutables. La notion que la qualité d'une élevage est directement
dépendante de la qualité de fond des femelles - et non de la qualité des
étalons - semble se perdre dans la nouvelle génération d'éleveurs.
4)
Il n'existe qu'une
et une seule manière ( qui n'est d'ailleurs pas sûre à 100% ) pour se forger à
l'avance une idée de valeur génétique d'un individu : : contrôler si cet individu est le produit
d'un élévage basé sur la consanguinité et
contrôler si cet individu répond au résultat recherché dans cet élevage. (consanguinité + sélection). Cette maxime, de nouveau , s'applique en premièr lieu aux femelles. l'Idôlatrie des super-étalons serait risible
si elle n'était pas tellement dangereuse : peu importe les qualités de ce
super-animal , dans un programme d'élevage il ne peut avoir qu'une valeur de correction. Beaucoup de
(jeunes) éleveurs se trompent en courant d'un 'multi-champion' à l'autre dans
l'espoir vain que ceux-ci donneront forme à leur élevage. Comme chaque système
de selection centrale pousse necessairement à l'extrême un nombre limité de
critères et les appliquent , par sa nature même, sur une manière
quasi-universelle- il exclura inévitablement plus de femelles pottentiellement valables. Le vrai
danger est là.
5)
L'évidence
même : chaque sytème de sélection
centrale est très sensible à la fraude. Nous le savons tous, mais nous ne disons
pas tout. Est-ce que le pape croit à son infaillibilité ? il nous faut des
robots peu sofistiqués pour rendre
les statistiques crédibles.
6)
Chaque selection centrale favorise
l'irresponsabilité du futur l'éleveur : celui-ci devient exécuteur d'un programme dont les règles sont fixées
par un niveau supérieur, auquel il n'a aucun accès. Cette situation ne laisse
pas de place pour apprendre . Cette situation s'observe chez ces races de chien
pour lequels on trouve un grand nombre de petits chenils peu expérimentés : la
connaissance de la race, du savoir-faire pratique de l'élevage , de la théorie
et de l'histoire y reste rudimentaire.
7)
Chaque système centralisé de sélection finit par
éroder le pouvoir du club de race même - en cédant les
décisions aux "Experts" - ces Monstres Sacrés d'un temps qui se proclame
Post-moderne ,mais qui n'est rien d'autre
qu'une nouvelle masque de La Foi Universel : l'Autorité. Dans la majorité
des cas ces gens sont hors de la vie et de la réalité de la race. Et ils ont
bien d'autres intérêts que le futur de votre race. C'est leur droit. C'est à
nous d'accorder toute attention nécessaire à nos propres affaires . Aucune
excuse est valable.
8)
Chaque
système centralisé de sélection , dirigé par des experts, dépassera , par nature , au moins un but : en ne
prenant en considération qu'un petit nombre de critères ( sinon ce ne sont pas
des "experts") il reduira à nouveau la variabilité génétique.
On peut étendre
cette liste et on peut l'approfondir. Ce n'est pas le point , ni l'objet de cet
article. Je veux dire ceci: l'expérience et la connaissance de l'éleveur
individuel, de l'éleveur bona fide , ne peuvent pas être remplacées par un
sytème totalitaire.La connaissance , l'expérience et l'intégrité de l'éleveur
individuel sont la meilleur garantie pour le bien-être de la race. Evidemment cet
éleveur doit être informé, et bien informé , mais les "experts" ne doivent
pas le prendre par la main. Qu'un éleveur individuels fasse des "mauvais"
choix est inévitable. s'Il continue à faire des mauvais choix, il en sera finalement
la victime. A juste titre. Il disparaitra. L'alternative semble solide mais elle
est absurde : ce n'est pas en présentant un inventaire correct qu'on rend
l'entreprise florissante. Et ce n'est pas le comptable non plus qui fait
tourner l'enterprise - sauf si elle est au bord de la faillite.
JOHAN SIOEN.
PS 1. Dans cet article j'ai simplifié les choses
à l'extrême et je crains
fort avoir dépassé la limite de la simplification à plusieurs reprises. Je m'en
excuse, mais le son et le ton de ce cri d'alarme étaient par moment plus
importants.
PS 2. Il faut très bien se rendre compte que la plupart de cette critique porte sur les chiens de races,
cynologiquement contrôlables. Donc pas plus de 20% de la population canine. Si l'on
considère seulement la production par d'éleveurs qui vivent pour leur race :
alors, il s'agit peut-être de 2% de la population canine. La majorité des problèmes se trouve donc hors de la cynologie officiel.
Littérature de base : fort advisée, mais à lire de préférence avec un oeil
critique