"DJANGO"   :  THE ULTIMATE EXPERIENCE.

 

Entraîner des Boxers est devenu ma deuxième nature. L'essentiel afin d'apprendre à un boxer un programme RCI, dans un court laps de temps, est d'établir une bonne relation boxer-conducteur. Tout le reste - l'ensemble des exercices-, c'est de la technique. J' ai l'extrême privilège de pouvoir travailler des Boxers de très grande qualité. La relation avec chacun de ces boxers est unique et il est impossible de ne pas développer une relation affective avec eux. Toutefois , chacun connaît ce sentiment, il y en a toujours un qui est différent. Pour moi c'était "Franklin-Django van de Matenhof".

 

C'est en 98 , en Hollande, que je l'ai vu pour la première fois. Un grand mâle bringé, magnifique tête. Sa manière folâtre-arrogante d'entrer dans le ring et l'assurance naive brillant dans ses grands yeux ronds me frappèrent. Il ne gagna pas et cela n'avait aucune importance: je savais que n'oublierais plus jamais ce chien.Un an plus tard les propiètaires de ce boxer ( Eef & Guus Krop-Vermeulen) me proposèrent de l'entraîner pour son RCI1. Evidemment, j'ai tou suite accepter.Dès son arrivée , Django se senti comme chez lui, aussi bien dans le chenil, sur le terrain qu'à l'intérieur de la maison.J'avais le net sentiment que je ne le pourrait pas entraîner comme je le fais normalement. Ma méthode était déjà très flexible; dans son cas elle n'était presque plus perceptible. Il y a avait, dès les premiers instants, comme un fluide de confiance mutuel dont j'ignore les origines.Il en résultat que nous passions plus de temps en dehors du terrain que dessus.Dans le bassin de "Bloso" nous allions nager, tard le soir nous nous promenions sur la plage déserte de Lombardsijde et nous passions des heures sur les bords de l'Yser. Curieux et désirieux d'apprendre il apprenait les exercices en jouant , plein d'énergie et d'un air constamment provoquant. Le monde était quelque chose que l'on pouvait conquérir et il fallait en profiter - ce qu'il faisait avec abondance. D'un autre côté il pouvait être très tranquille, "relax" avec un respect tout à fait naturel, sans la moindre trace de soumission. Je me sentais bien auprès de lui, heureux même - ce qui semble probablement bête pour un entraîneur, mais là encore : je n'ai jamais eu l'impression d'être son "entraineur". Je ne dis pas qu'il passa son RCI1 sans effort, mais il s'est amusé. Bien sur il a fait des erreurs : la plupart par manque d'expérience et d'autre à cause de son enthousiasme.Normalement le jour du concours, un boxer ressent la nervosité dans l'air - le conducteur n'y échappe pas non plus. Mais Django, non. L'agitation le rendait encore plus curieux, il avait l'air un peu étonné par mon comportement assez formel. Il fit ce qu'il devait faire et il savait qu'il le faisait bien. Il passa l'épreuve ZTP de la même manière.

 

Entretemps on s'était mis d'accord avec ses maîtres de l'inscrire à quelques expositions importantes. A la Speciale Belge il gagna le CAC, en tant que meilleur mâle, sous Marek Lewandowski et dans la même période il se classa premier de la classe ouverte au Jahressieger Allemand. Auparavant il n'avait été exposé qu'en Hollande. De nouveau, l'expérience d'entrer un ring avec lui fut extraordinaire : il habitait une tel confinace, à la limite de l'arrogance, qu'il était impossible de l' ignorer. Il ne faisait pourtant rien de spécial dans ces moments-là , comme dans son chenil parfois, il regardait un vol de mouettes s'abattre sur un champs d'à côté, il montrait précisement la même silhouette , la même expression. Il charmait sans le savoir.

A la fin d'automne il repartit pour Rotterdam. Dans son premier niché chez nous, se trouvait un mâle fauve qui semblait avoir l'expression ( et quelques autres atouts) de son père: "Yaws", il resterait.

 

 Au printemps 2000 nous amenions Django à l'exposition ATIBOX qui se déroulait à  Espinho (Portugal). Il se comporta comme s'il était resté chez nous tout l'hiver : fou et plein d'anticipation. Il gagna le titre et la reconnaissance internationale definitive, à sa manière d'aristocrate charmant et têtu. Bien que cela ne lui intéressait point : les petits fontaines dans le jardin de l'hotel, voilà quelque chose d'intéressante Je ne vous cache pas que ma mère et moi étions ravis, bien que strictement dit, Django n'ai aucun lien de parenté avec notre chenil. Seulement, dès le  premier jour il s'est conduit comme s'il faisait parti de la famille et instinctivement il était accepté en tant que tel. Curieusement ses propiétaires avait le même sentiment et de temps en temps il le laissait chez nous pour une semaine - dans ce que l'on pourrait appeler sa maison de campagne en Belgique .Quand dans les mois qui suivirent, Django fut amené par nos soins à des expositions Allemandes, ils se développa des petits frictions avec mes amis. Au début je m'en rendais pas compte, jusqu'au moment où je me réalisait que Django , bien involontairement, attirait à chaque fois de nouveau l'attention - et comme il n'était pas né dans notre chenil, comme il n'était même pas un boxer belge , mon comportement était perçu comme  une "trahison".J'ai de lors compris que c'était extrêmement difficile pour mes amis de se réaliser que je ne pouvait pas voir ou éprouver  'Django' comme un 'étranger' et que ce n'étaient pas ses succès qui marquaient le lien entre nous deux. Quant à moi, il n'était nullement impératif qu'il gagne. Bien sûr , c'était agréable de gagner mais nous avions autant de plaisir avec lui, sans la présence de personne du monde du chien, s'il faisait l'Idiot avec les touristes sur l'immense champs devant le momument de l'Yser. Ou , le soir lorsque les autres boxers étaient rentrés dans leurs box individuels, il faisait d'un air assuré son tour d'inspection autour du terrain. Malgré son statut un peu spécial, il ne fut jamais provoquant envers les autres, et ceux-ci l'acceptaient.

 

Fin août, nous partions avec notre hollandais contesté pour une excursion de dix jours vers la Tsjèchie et La Pologne. Rien à perdre et rien à prouver, un voyage de rêve. Nouveaux pays, nouvelles visages, des immenes espaces sans habitation et le temps de faire de longues promenades…Le samedi,  à Olomouc notre compagnon gagna le titre de la Speciale Tchèque tandis que le dimanche, il obtint  le CACIB et fut désigné  meilleur de race à Boleslaw. Ce qui ne l' empécha pas de se démener comme un diable le lendemain, au bord d'un chemin éloigné, en déchirant furieusement un fauteuil abandonné.Il se foutait pas mal des commentaires qui lui accompagnaient. Ce qui fut encore le cas quand nous arrivames six jours et plusieurs chenils plus tard à Wroclaw, où aurait lieu la Spéciale Polonaise le lendemain. Ce soir là, à la grande fête, il y eu quelques dérapages mineurs, plus ou moins orchestrés par des amis polonais et russes. Mais là, il faut quand même remarquer qu'ils boivent autre chose que mes petites bouteilles de Red Bull et de Cola habituelles. Heureusement qu'à ce moment-là,  Django était déjà bel et bien alongé sur le lit dans la chambre de l'hôtel.Il n'a pas rouspété.Quand , quelques heures plus tard, nous étions invités, par un juge cruel et sans pitié, à courir en cercle sur un terrain qui semblait s'élargir à chaque tour, j'ai souffert comme jamais auparavent - ce qui n'a pas empêcher Django, alerte et en plein forme, de remporter aussi le titre Polonais. En plus, le soir,  il a fait la connaissance (plutôt intime) d'une ravissante chienne polonaise. Evident, qu'il aime la Pologne.

Cette nuit là, sur le chemin direction Berlin, quelques kilomètres avant la frontière germano-polonaise. J'étais seul dans la voiture avec Django. Un parking. Il faisait noir, très noir. Soudainement, un combi, deux policiers qui sortent brusquement et qui commencent à m'engueuler. De leur phrases en allemand rudimentaire, je comprends que j'ai roulé beaucoup trop vite. Ils ont dejà men passeports, mon permis de conduire, mon gsm ét ils veulent confisquer , à cause de mon délit majeur,  la voiture ét Django! Sofort! Mais, dés l'instant où ils virent mon portefeuille avec des billets allemands, un enchantement se produisit au niveau de l' humeur, de la mémoire et du vocabulaire allemand. Dix minutes plus tard , avec quelques bons conseils et un portefeuille vide ( à part  quelques zslotys qu'ils ne voulaient  accepter sous aucun prétexte) et aux mains tremblantes, je pus partir, avec Django alongé , sein et sauf, sur le siège arrière . Une demie heure plus tard, la frontière derrière moi, au premier Restoroute que j'ai rencontré, je me suis arrêté. Django, l'innocence en personne, est allé faire le grand tour du jardin du restaurant tandis que moi, assis au bord du chemin, je me suis rendu compte que c'était la première fois de ma vie que j'étais soulagé de fouler le sol allemand.

 

Toutefois , les trois semaines qui suivirent ne furent pas moins turbulentes. D'abord il y avait la Spéciale Belge - où Django n'était pas inscrit - et le weekend suivant la Nationale Allemande à Schwäbisch hall. Là, en classe travail Django fut battu, à cause d'un museau trop court ( c'est vrai, il a un museau court!), par un splendide mâle italien, Dylan dei Centurioni, qui à son tour devenait Meilleur de la Race. Chapeau, Dylan! Le lendemain émergait un dilemme majeur. On était lundi, et de l'italie arriva un message que nous étions attendus à une réunion le samedi afin de rédiger et de signer un document, comdamnant la décision allemande unilattérale d'interdire la coupe de la queue. Nous avions nous-même insistés sur l'organisation d'une telle réunion, mais la date était fixée par le BC Italien à la dernière minute.Normalement ce samedi là Django était inscrit à l'exposition de Kassel et le dimanche à celle de Charleroi. Un weekend important, car il pouvait dévenir, selon le résultat, Champion Belge ou Allemand (ou rien du tout évidemment - le titre de champion International était déjà acquiq dès son IB à Boleslaw). Après quelques coups de télephones avec Eef & Guus, on décida que Django visiterait avec eux les deux expositions tandis que nous partirions pour l'Italie."Raison d'Etat". Un compromis qui me faisait mal au coeur. Ce weekend là les battéries de mon gsm furent remplacées plusieurs fois et je n'ai jamais voulu voir la facture. Mais pour notre Hollandais voyagant et ses propiètaires, ce fut le weekend de leur vie : IB et meilleur de  Race à Kassel et même résultat le dimanche à Charleroi. Ce qui faisait de Django un champion Belge ét Allemand. Pour compléter la photo, ce même dimanche, un jeune mâle fauve, fils de Django ( "Zeus van Sapho's hoeve" ), qui vit dans le chenil Hollandais de Toon et Sancuray Bongers) fut élu "meilleur Puppy" à la Speciale Italienne.

 

Pour Django ces résultats ne changent pas grand chose, il s'amuse dans le ring comme il s'amuse toujours, son regard retient ce mélange d'innonce et d'arrogance flègmatique et il continue à courir tel un trotteur entrant la dernière ligne droite du Prix d'Amérique. Ce qui est important pour moi, c'est que j'ai réussi à accompagner, un Boxer qui est non seulement beau, non seulement semble se prouver en bon géniteur mais qui à un caractère en or et que j'aime , jusqu'au niveau qu'il mérite : celui des Grand Boxers. Enfin, le geste de Guus & Eef, restera sans doute le plus beau cadeau que j'ai reçu; ils ont fait inscrire mon nom sur le pédigrée de "Franklin-Django van de Matenhof" en tant que copropiètaire. Que puis-je dire de plus ? Merçi Guus et Eef,et merçi Django - mon ami.

 

INGMAR SIOEN.